Climat : Copenhague remplacera Kyoto en 2009

jeudi 3 janvier 2008

Choisi comme hôte de la prochaine conférence sur le climat de 2009, le Danemark entend se donner une image de pays leader en matière de réduction des gaz à effet de serre. Copenhague est en effet appelée à remplacer Kyoto comme symbole de la lutte contre le réchauffement climatique.

« Le gouvernement a travaillé dur pour être l’hôte du Sommet, parce qu’il donnera au Danemark une chance unique d’avancer dans l’agenda international du climat. Le but est d’atteindre un accord mondial en 2009 pour la réduction du CO2 après 2012, quand le Protocole de Kyoto aura expiré (...) Le gouvernement danois est prêt à prendre la tête de ce long voyage », se félicite la ministre de l’Environnement Connie Hedegaard (parti conservateur). Rappelons qu’après Bali, la 15ème conférence sur le climat (COP 15) constitue l’échéance décisive des négociations sur l’après- Kyoto. Saisissant l’occasion, le Danemark rappelle s’être engagé « dans une politique environnementale de grande envergure ». Après avoir ratifié le protocole de Kyoto, qui devrait l’amener à réduire de 21% ses émissions de CO2 par rapport à 1990 pour la période 2008-20012, le gouvernement rappelle aujourd’hui son projet intitulé « Une vision danoise de la Politique Energétique 2025 », lancée en janvier 2007. Manifestant sa volonté de dépasser l’échéance de 2012, cette stratégie à plus long terme repose sur l’optimisation de l’exploitation de ses importantes ressources d’énergies fossiles (pétrole et gaz). Parallèlement, le pays mise sur la diminution de sa consommation pétrolière (d’au moins 15 %), en augmentant de 30 % la production d’énergie renouvelable d’ici 2025. Pour l’heure, le Danemark ne fait toutefois pas partie des meilleurs élèves européens : il a en effet été classé troisième pays parmi les plus pollueurs d’Europe (juste après la France) par l’ONG allemande Germanwatch.

Préparer 2009

Parallèlement à son programme énergétique, le gouvernement a lancé plusieurs initiatives pour la recherche, dont une « université du climat » au Groenland. « Sa situation géographique permettra aux chercheurs d’observer au plus près les conséquences du changement climatique », souligne le ministre des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation, Helge Sanders, annonçant un budget de 70 millions de couronnes (9, 4 millions d’euros) sur une durée de cinq ans. Le centre devrait ouvrir ses portes en 2009 et organiser tous les ans une grande conférence internationale sur la recherche climatique. Autre initiative, le Danemark propose aux plus grandes universités dans le monde de se réunir lors d’un congrès international de recherche en mars 2009, en préparation de la conférence de l’ONU. L’événement devrait accueillir une dizaine d’universités pour conduire une réflexion préalable sur les possibilités de réduction d’émission de CO2 discutées lors de la conférence. Si les différentes organisations de défense de l’environnement voient avec satisfaction se développer de telles initiatives, la COP 15 est aussi l’occasion pour elles de renforcer leurs messages et de maintenir l’opinion publique en alerte. Ainsi, le SF Ungdom (Jeunesse du Parti Socialiste) mène une campagne nationale depuis octobre 2007 pour maintenir l’attention sur les conséquences des changements climatiques. A Copenhague, l’organisation non gouvernementale « Society for a living sea » a rassemblé lors de la journée mondiale du climat une foule nombreuse, avec pour objectif de montrer qu’elles n’attendront pas 2009 pour obtenir des décisions politiques. Récemment, le Centre spacial danois (Danmark Rumcenter) lançait l’alerte : la fonte des couches de glace du Groenland est beaucoup plus rapide que prévue. De 50 à 100 kilomètres cube par an en 2004 dans la région sud-est, on atteint aujourd’hui 300 kilomètres cube ; soit une vitesse de fonte plus que triplée sur une durée de trois ans… « Si une telle évolution se maintenait, cela provoquerait une augmentation de plus de 60 cm du niveau de la mer », estime Shfaqat Abbas, chercheur au Centre Spacial Danois. La Conférence sur le Climat de l’ONU se tiendra donc dans un pays au cœur de la problématique : pays clé pour l’observation des changements au niveau planétaire, mais également concerné en premier lieu par leurs conséquences.

Source : Novethic


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