Comment réconcilier économie et environnement
vendredi 20 juin 2008
La plupart des entreprises fonctionnent toujours selon une vision du monde qui n’a pas changé depuis la révolution industrielle. Autrefois, les ressources semblaient sans limites. On ne craignait que la pénurie de main-d’oeuvre. Tout a changé. À l’ère de la surpopulation, c’est le capital naturel - les ressources naturelles et l’équilibre écologique de la planète - qui décline et coûte de plus en plus cher.
La prochaine révolution industrielle, comme la première, sera une réponse à une nouvelle donne. Cela provoquera des crises, mais également des opportunités. Les entreprises devront s’adapter à cette réalité. Les entreprises les plus innovantes le font déjà. Elles en tirent de nombreux bénéfices - et leurs dirigeants et employés ressentent eux aussi une satisfaction de cet engagement. Ils sont à l’avant-garde d’un nouveau modèle économique : le Natural Capitalism. ... Aujourd’hui, une large proportion de population active est inoccupée et les limites des ressources naturelles sont avérées. En conséquence, l’accroissement de la productivité des personnes qui avait guidé la première révolution industrielle doit être remplacé par un accroissement radical de la productivité des ressources naturelles, au profit de l’emploi. Les auteurs insistent sur le fait que ce processus est une grande opportunité économique et non une contrainte. [...]
Loin d’invoquer la menace et la peur, « Natural capitalism » mise sur les bénéfices sonnants et trébuchants que l’investissement dans l’écologie peut rapporter. Cette stratégie peut paraître poussée à l’extrême quand tout est traduit en dollars mais, comme le rappellent les auteurs, le grand public n’a commencé à s’intéresser à la dégradations des éco-systèmes et aux services fournis par ceux-ci qu’à partir du moment où le magazine « Nature » a calculé le prix de leur remplacement en cas de destruction : le montant atteignait 20 fois le PIB mondial ! Cette approche n’est sans doute pas celle que les écologistes privilégient d’habitude, mais l’argent étant généralement le nerf de la guerre, il est nécessaire d’utiliser les arguments qui touchent les décideurs. Les auteurs assurent que même les Américains qui ne croient pas au réchauffement climatique seront séduits par les investissements proposés parce qu’ils sont rentables sans même tenir compte des effets externes positifs. Notons que l’approche monétaire n’empêche nullement les auteurs de montrer les effets en chaîne des investissements écologiques et leurs impacts sur l’organisation de la société, ni d’effectuer une critique pertinente des postulats économiques. Un principe transparaît en permanence : les solutions doivent être trouvées en amont. En effet, dans le cas contraire les efforts d’écologie fournis par quelques convaincus, dans un système inadapté, sont décourageants et peu efficaces. Ils sont surtout trop peu séduisants pour attirer les moins convaincus.
Les quatre axes stratégiques du « natural capitalism »
Le capitalisme classique ne valorise que le capital physique et financier, au détriment du capital humain et du capital naturel. Or, ces deux derniers types de capital sont la clé d’un développement durable.
Afin de les réintroduire dans les modes de fonctionnement et les processus de décisions des Etats et des entreprises, il faut suivre quatre axes stratégiques.
Une croissance radicale de la productivité des ressources naturelles : Trois bénéfices découlent de cette première stratégie : un ralentissement de l’épuisement des ressources en amont, une diminution de la pollution en aval et une augmentation de l’emploi, dans des jobs valables. En conséquence, la cohésion sociale est améliorée et les coûts environnementaux sont réduits au strict minimum.
Le biomimétisme : En s’inspirant de la nature où tout déchet intègre un nouveau cycle de vie et où rien n’est jamais perdu, on peut éliminer l’idée même de déchets et de pollution. En poussant cette logique jusqu’au bout, on peut envisager de fonctionner en circuit fermé dans certains processus industriels.
Une économie basée sur les services et les flux : Il s’agit de remplacer le concept de client par celui d’usager et le concept de vente de produits par celui de flux de services. Cette nouvelle vision des rapports commerciaux entraîne naturellement la mise en œuvre des deux premiers volets de stratégies ainsi qu’une nouvelle perception de la valeur. C’est un élément-clé dans le passage d’une croissance matérielle à une croissance du bien-être.
L’investissement dans le capital naturel : L’idée est d’inverser la tendance à la destruction de l’environnement planétaire en réinvestissant dans la restauration, l’expansion et la pérennité du capital naturel pour que la biosphère puisse fournir des services écosystémiques et des ressources naturelles plus abondants.
Source : Cdurable
fr
4- Accroître l’efficience économique
Natural Capitalism
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Stratégie de communication Internet: Christelle Masson, MBA |
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