Construction : aperçu sur les caractéristiques et les responsabilités d’une industrie indispensable au progrès de l’économie québécoise

vendredi 4 septembre 2009 par Christelle Masson

Qu’il s’agisse de réseau routier, de transport en commun, de santé et services sociaux, d’éducation, d’infrastructures municipales, etc., le Plan québécois des infrastructures 2008-2013 [1]->http://www.infrastructures.gouv.qc.ca] prévoit maintenir ses actifs, rénover ou bien encore construire.

Afin de respecter sa propre stratégie de développement durable, le gouvernement, donneur d’ordre ainsi que le secteur de la construction et les acteurs qui gravitent autour de lui - incluant entrepreneurs, fournisseurs et promoteurs privés - doivent être conscients des différents enjeux environnementaux, sociaux et économiques dans une industrie extrêmement particulière.

Caractéristiques uniques

« Bien que l’industrie compte parmi celles qui emploient le plus grand nombre de personnes, l’entreprise de construction moyenne est très petite. Dans le secteur résidentiel, près de 90 % des entreprises de construction ont moins de 5 employés. Dans les secteurs non résidentiels, près de 70 % des entreprises ont 5 employés ou moins. » [2]->http://www.csc-ca.org]

Cette industrie a des particularités intrinsèques qui nécessitent de la part des entreprises de ce secteur une grande souplesse :

- Mobilité des entreprises du secteur (régions, chantiers, etc.) et de sa main d’œuvre (d’une entreprise à l’autre)
- Instabilité cyclique en raison de la variation des investissements, publics ou privés
- Projets extérieurs devant prendre en compte le climat québécois
- Nombreux types d’ouvrages et de projets relatifs aux quatre domaines de la construction : génie civil, construction institutionnelle et commerciale, construction industrielle ou bien construction et rénovations d’habitations (routes, ponts, maisons, logements, écoles, hôpitaux, parcs éoliens, usines, commerces, etc.)
- Contribution de nombreux intervenants (architectes, ingénieurs, fournisseurs de matériaux, travailleurs, entrepreneurs)
- Durée limitée des projets Certaines problématiques reliées à la fraude fiscale caractérisent également le secteur, comme le travail au noir et la fausse facturation.

La finalité : le social et particulièrement la sécurité

La sécurité au travail avant tout : les activités de construction, des grandes infrastructures aux petits logements, peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé, voire dramatiques (accidents de travail, exposition à certains matériaux néfastes, décès). La performance du Québec sur les chantiers de construction laisse à désirer. Les entreprises de ce secteur doivent entreprendre des efforts de sensibilisation et de formation afin d’initier une véritable culture de sécurité, tant au niveau de leur personnel que de leurs sous-traitants. Depuis 2005, le Plan d’action construction de la CSST met l’accent sur la prise en charge d’une gestion axée sur des correctifs durables. [3]

« Il s’agit notamment d’inciter d’importants donneurs d’ouvrage à intégrer un volet SST dans leurs appels d’offres, de soutenir les employeurs dans la préparation de programmes de prévention s’inspirant des meilleures pratiques du milieu et de renforcer l’application du programme de prévention auprès d’employeurs fautifs. »

La condition : l’environnement – minimiser l’empreinte

Par la nature de ses activités, les entreprises du secteur sont en interaction avec l’environnement, que ce soit au niveau de la construction même d’un bâtiment ou bien en matière d’efficacité énergétique.

Le concept de construction durable inclut l’intégration des coûts environnementaux et dépasse la phase d’édification d’une structure en incluant également les étapes de conception, d’exploitation, de démolition et de récupération, en un mot tout le Cycle de vie.

L’analyse du cycle de vie (ACV) est le seul outil permettant d’évaluer les impacts environnementaux, tout en étant une méthode standardisée selon les normes ISO. L’ACV s’avère également un outil adaptable aux particularités de l’industrie : [4]->http://www.ciraig.org/]

« - un secteur multi-échelle du matériau jusqu’au territoire en passant par le bâtiment, le quartier, la ville ;
- des « produits finis » du secteur qui sont des ouvrages complexes faisant appel à de nombreux produits intermédiaires et services (produits et matériaux de construction, transport, production d’énergie, entretien et maintenance des bâtiments, chantiers de construction et démolition...) et qui sont peu standardisés ;
- des cycles de vie des systèmes mis en jeu longs (jusqu’à plusieurs décennies) ;
- un large spectre d’acteurs concernés tout au long du cycle de vie des systèmes. » [5]->http://www.techniques-ingenieur.fr/]

Selon le World Business Council for Sustainable Development, organisme financé par des multinationales, de 30 % à 40 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent des bâtiments résidentiels et commerciaux, très énergivores. L’entreprise doit chercher à minimiser son empreinte environnementale et se fixer des objectifs exigeants, mais réalistes, tant au niveau de ses émissions, les matériaux de construction utilisés que de sa consommation d’eau et d’énergie. En matière de mesures volontaires, les entreprises peuvent encourager des mesures d’atténuation et de compensations appropriées en mettant en œuvre par exemple des systèmes de gestion environnementale, comme la norme internationale ISO 14001. Côté gouvernement, fiscalité adéquate, subventions, incitations à l’innovation et le concept moins populaire d’une taxe, sont à envisager. N’oublions pas ! Le prix de l’inaction sera beaucoup plus élevé tout en représentant un risque énorme pour l’économie.

Le moyen : l’économie - Construction : secteur clé de l’économie québécoise

Chiffres de 2008 en un clin d’œil : [6]->http://www.ccq.org]

- Investissements de 41 milliards $, 13 % du PIB.
- 215 000 emplois directs générés en moyenne par mois, 1 emploi sur 20
- des milliers d’emplois indirects dans les autres secteurs.

Dans le cadre de projets de construction et de développement, les donneurs d’ordre, privés ou publiques, créent de la richesse et stimulent l’activité économique de l’ensemble des régions, notamment par les investissements réalisés et par l’importance des achats effectués auprès des fournisseurs du Québec, etc. Et évidemment cette industrie est appelée à jouer un rôle majeur pour sortir le Québec de la récession. [7]

Christelle Masson

Coup d’œil sur les indicateurs de performance en matière de développement durable :

Sociale et sécurité
- Taux de fréquence des accidents de travail
- Taux de gravité
- Nombre d’accidents avec arrêt
- Nombre d’heures de formation en santé et sécurité
- Nombres d’heures, autres formations Comme tout autre domaine, d’autres données peuvent être analysées au niveau de l’emploi, de la sous-traitance, des relations, etc.

Environnement
- Émissions directes (CO2, SO2, etc.)
- Émissions indirectes
- Déchets dangereux et non dangereux (tonnes)
- Consommation de ressources énergétiques (MJ)
- Consommation d’eau (L) Nombre d’actions mises en place pour minimiser les impacts négatifs Investissements (R&D) pour minimiser les impacts négatifs (grandes entreprises)

Économie
- Retombées des projets ($)
- Création d’emplois (nombre)
- Santé financière de l’entreprise (ventes, bénéfices nets)

[1] [détails du plan sur le site gouvernemental

[2] [Conseil sectoriel de la construction

[3] Voir le portail de la CSST sur l’industrie de la construction

[4] [Pour tout savoir sur la pensée Cycle de vie, visitez le Centre interuniversitaire de recherche sur le cycle de vie des produits, procédés et services

[5] [http://www.techniques-ingenieur.fr/

[6] [Données provenant du site Internet de la Commission de la construction du Québec

[7] Pour toute information à caractère économique et pour consulter les prévisions de l’industrie


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