Costa Rica : nouvelles pratiques pour les planteurs de café

mardi 6 janvier 2009

Starbucks Coffee guide depuis peu ses fournisseurs sur la voie de la RSE. Incités à engager des démarches respectueuses de critères sociaux et environnementaux, les planteurs d’Amérique Centrale répondent présents, et adaptent petit à petit leurs méthodes de gestion aux nouvelles exigences de leur principal client.

Pour se rendre à La Candelilla, il faut rejoindre les montagnes Talamanca, tapissées de verdure, et atteindre la région de Tarrazú, à une centaine de kilomètres de San José. La petite plantation de café apparaît alors, à quelques 1500 mètres d’altitude. Gérée depuis quatre générations par la famille Sanchez, l’entreprise commence tout juste à sortir la tête de l’eau, suite au remaniement des méthodes de production initié il y a quatre ans par le cadet et gérant Esteban. Désormais, il n’est plus question pour lui d’épuiser ses terres à grands renforts de pesticides, mais bien de les entretenir « en laissant la nature faire son travail. » La plantation produit aujourd’hui un café de qualité, que la compagnie internationale Starbucks Coffee lui achète à bon prix.

C.A.F.E Practices : des critères sociaux et environnementaux pour guider les planteurs

Ce changement de cap, c’est en partie grâce aux conseils de l’équipe de Peter Torrebiarte, responsable du bureau Starbucks à San José, que de nombreux planteurs costariciens ont pu l’initier. Et en particulier, via le programme C.A.F.E Practices (Coffee and farmer equity), mis en place par la firme en novembre 2001, dans le cadre de son partenariat avec l’ONG Conservation International engagé en 1998.

Une démarche conséquente, puisque Starbucks, acheteur de 3% de la production mondiale de café, est un acteur incontournable du marché. À ce jour, 185 000 fermes dans 19 pays ont adopté les C.A.F.E Practices. Il s’agit en fait d’un programme de directives d’achats responsables, qui fixe les bases de la coopération entre Starbucks et les producteurs. Les indicateurs de qualité du café et de transparence économique, sont deux pré requis indispensables pour adhérer aux C.A.F.E Practices. Un moyen pour Starbucks d’« évaluer, reconnaître et récompenser les producteurs. »

Hormis la qualité du produit et une gestion économique traçable, deux autres principes régissent le programme : une politique sociale responsable et un réel engagement en faveur de l’environnement. Une vingtaine de critères sont ainsi déclinés en sous critères (qui déterminent une sorte d’échelle de progression), formant au final une grille d’évaluation de près de deux cents indicateurs. On y trouve notamment la protection des ressources en eau, la garantie de sa qualité et d’une bonne irrigation des terres, mais aussi le contrôle de l’érosion, le recours réduit aux pesticides ou encore la protection de la biodiversité. Certains critères sociaux sont obligatoires (le non travail des moins de 14 ans, l’interdiction du travail forcé et de la discrimination), quand d’autres évaluent l’accès à l’éducation des enfants des salariés, ou encore le degré de protection sociale de ces derniers. Les renseignements fournis par les producteurs sont par ailleurs évalués par des organismes tiers, pilotés par le Scientific Certification System (SCS), avant d’arriver sur le bureau du département RSE de Starbucks. En contrepartie d’une adhésion au programme, la compagnie s’engage à payer « le meilleur prix possible ». En 2007, le prix d’achat moyen s’élevait ainsi à 1,36 $/kg, soit 26% de plus que la moyenne du marché. Starbucks se porte également garant auprès des banques, et assure donc aux planteurs une stabilité non négligeable sur un marché des plus fluctuants. Et si ces derniers n’ont aucune obligation d’adhérer au programme, ils y ont cependant tout intérêt, car ceux qui valident au moins 80% de chaque critère, sont qualifiés de « fournisseurs stratégiques », et deviennent prioritaires pour la signature des contrats. En 2007, 65% des achats de la compagnie provenaient ainsi de fournisseurs adhérents à C.A.F.E Practices. Celle-ci espère atteindre les 100% d’ici 2015. Un objectif qui valoriserait encore davantage le programme Shared Planet, initiative de lutte contre le réchauffement climatique lancée avec Conservation International en 2008, et à laquelle appartient le programme C.A.F.E Practices.

Mais pour autant, si Starbucks achète le café plus cher que ces concurrents, les planteurs estiment de leur côté que ce prix reste trop faible pour assurer la viabilité à long terme de leur entreprise, et évaluent à au moins 2 $/kg le minimum nécessaire. « Le meilleur prix possible » est donc pour l’instant loin d’être suffisant.

Source : Novethic


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