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DE L’ÉNERGIE À PARTIR DES DÉCHETS ORGANIQUES, FICTION OU TECHNOLOGIE ?
jeudi 11 mars 2010 par Élise Villeneuve
Transformer des déchets en énergie est bien réel. Du coup le film « Back to the future » où la voiture carburait à la bière et à la peau de banane tient moins de la science fiction ! Or le processus simpliste qu’on nous présentait pour ce faire est vraiment arrangé avec le gars des vues. En réalité, il faut des technologies sophistiquées et une opération précise pour réussir à transformer une tonne de déchets organiques en litres de carburant.
L’une des options privilégiées pour traiter les matières résiduelles organiques (voir encadré) produites par les municipalités et les industries est la biométhanisation (voir encadré). Bonne nouvelle, les technologies et l’expertise existent et nous sommes en train de faire le saut au Québec dans ce domaine.
Est-ce que nos déchets organiques ont vraiment une valeur ?
Tout compte fait les déchets organiques n’ont pas une réelle valeur intrinsèque puisque sans subvention il en coûte souvent plus cher pour les transformer que la valeur qu’ils produiront. Par contre, contrairement à en disposer, qui est une dépense de 30 $ à 150 $ la tonne, les transformer en énergie et engrais engendre une économie nette importante. Tout aussi important, sont les bénéfices environnementaux reliés à un processus de transformation tel que la biométhanisation. Entre autres, l’évitement de l’enfouissement, le captage des biogaz et le remplacement d’un carburant fossile par celui-ci, permet de réduire les gaz à effet de serre jusqu’à une tonne de C02 équivalent par tonne de matière organique méthanisée.
650 M$ du gouvernement québécois pour la biométhanisation
C’est dans le cadre du Plan d’action 2006-2012 sur les changements climatiques que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP) vient de lancer un programme de subvention de 650 M$ pour encourager la mise en place de solutions de biométhanisation. Celui-ci ‘s’inscrit dans la nouvelle politique de gestion des matières résiduelles qui visent à valoriser 60 % des matières putrescibles au lieu des les enfouir. Les municipalités bénéficient d’une subvention des infrastructures de 66 % et les entreprises privées de 25 %.
Deux vies à nos déchets organiques
Un des critères encouragés par le ministère est la valorisation biologique du produit secondaire de la biométhanisation, soit l’effluent des bioréacteurs (le digestat). Une fois le procédé terminé et le biogaz récupéré, le digestat peut être utilisé comme fertilisant. C’est donc deux vies que l’on crée avec nos déchets organiques, de l’énergie, puis un engrais. Dans un contexte rural, le digestat peut être utilisé comme fertilisant sur les terres agricole, autrement il peut être transformé en un compost ou en engrais assez solide pour l’ensacher et ou le transporter. Lorsque possible l’objectif « 0 déchet » est atteint.
Est-ce qu’une entreprise durable peut biométhaniser elle-même ses déchets organiques ?
La réponse est oui, mais pas toutes. D’abord pour qu’il en vaille la peine il faut que la quantité de matières résiduelles organiques soit importante, soit environ 10 000 tonnes par année ou plus. Ceci s’applique pour des entreprises de production alimentaire par exemple. Deuxièmement, il faut avoir l’espace terrain pour implanter ce genre de système et troisièmement, il est plus rentable si l’entreprise peut bénéficier de l’utilisation directe de l’énergie thermique produite, sur place et en temps réel. En effet, bien que l’option de transformer le biogaz en électricité et de le vendre à Hydro-Québec ou de le purifier et de l’injecter dans le réseau de Gaz Métropolitain soit tout à fait possible techniquement, la structure de rachat n’est pas en place ici au Québec. Des discussions à cet effet sont toutefois en cours. Si ceci voit le jour, il y aura alors plus d’entreprises candidates pour la biométhanisation.
Le cout d’une telle installation est tout à fait du cas par cas, selon les volumes et selon les considérations techniques propres à chaque entreprise, mais d’ordre général, avec les subventions maintenant en place, une entreprise candidate, peut espérer rentabiliser son système de biométhanisation à l’intérieur de 5 ans.
En conclusion, rien ne remplacera la réduction à la source. Comme citoyen, si c’est possible physiquement, j’encourage tout le monde à faire comme nous à la maison, soit de séparer les putrescibles, de les mélanger avec les feuilles et le gazon, et de réutiliser le compost pour le terrassement ou le jardinage. La plupart des entreprises qui ont un terrain peuvent entreprendre la même chose. Pour ce qui est des industries qui produisent beaucoup de matières organiques, comme une usine agroalimentaire, les efforts de réduction sont souvent déjà en place depuis longtemps étant donné le cout élevé de disposition. Pour ces dernières, il reste à vérifier la faisabilité économique et technique d’un système de biométhanisation, ou si l’entreprise n’est pas candidate, de s’assurer que le service de récupération des matières résiduelles qu’elle utilise privilégie la valorisation des matières organiques par biométhanisation.
Élise Villeneuve
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Stratégie de communication Internet: Christelle Masson, MBA |
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