Changements climatiques : l’humanité au pied du mur De nombreux articles, livres, documentaires traitent du réchauffement climatique… Il suffit de regarder « une vérité qui dérange » d’Al Gore pour définitivement faire taire les derniers doutes. Cet homme déclenche le compte à rebours d’un désastre annoncé. Les scientifiques s’accordent pour dire que le réchauffement climatique s’est amorcé, conséquence de l’activité humaine. Les preuves ne manquent pas : la fonte des glaces du Groenland a plus que doublé en dix ans, la faune et la flore doivent migrer pour se rapprocher des pôles, les ouragans de catégories 4 et 5 ont doublé en trente ans et les périodes de grande sécheresse se multiplient. Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur en 2005. Bien qu’il ait signé et ratifié le protocole, le Canada fait mauvaise mine… en perdant le contrôle de ses émissions de gaz à effet de serre. Chaque province a aussi son rôle à jouer. Le Québec doit prendre des décisions rapides et les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs de Kyoto.
Les erreurs commises au cours des siècles passés ont pu être corrigées ; désormais, nous ne pouvons plus nous offrir ce luxe. En cas de poursuite du réchauffement climatique… les vagues de chaleur deviendraient à la fois plus fréquentes et plus fortes, le nombre des décès liés au réchauffement pourrait atteindre 300 000 par an, les périodes de sécheresse et les feux de forêts se multiplieraient, la fonte des glaces du Groenland et de l’Antarctique élèverait le niveau des océans de plus de sept mètres, de nombreuses îles et régions côtières seraient dévastées… et plus d’un millier d’espèces pourraient s’éteindre à travers le monde d’ici 2050.
La plupart des Québécois sont préoccupés par les problèmes environnementaux. La perception de la population des problèmes liés à l’environnement s’oriente vers l’effet de serre… et ses catastrophiques conséquences.
Kyot’EAU Et le climat ne constitue pas l’unique problème environnemental Mais l’environnement ne se résume pas à Kyoto. D’autres aspects ne doivent pas être négligés, par exemple, l’importance de la protection de l’eau… La gestion de l’eau représente un des enjeux essentiels de notre siècle au Québec.
Nous avons de l’eau en abondance au Québec. Ceci constitue peut -être une des raisons pour laquelle la population perçoit moins les problèmes reliés à sa protection. Pourtant, la dégradation des cours d’eau et des eaux souterraines est bien réelle. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec et de nombreux chercheurs, se penchent constamment sur ces questions et permettent de suivre de près l’évolution. De grands pas ont été faits. Il y a environ 30 ans, le Québec se donnait les moyens nécessaires pour traiter les eaux usées provenant des municipalités, un peu plus tard , les normes de rejets d’effluents des industries devenaient plus strictes. Ces mesures ont permis de réduire au-delà de 90 % les rejets d’eaux usées non traitées dans nos cours d’eau. Un des objectifs au Québec était de retrouver les usages de plaisance dans certains cours d’eau, même le fleuve St-Laurent. Malgré ces efforts remarquables – des résultats sont probants - on se rend compte que de « réparer » est beaucoup plus long que prévu. « On parle d’un coût de 1 % du PIB pour prévenir les impacts des gaz à effet de serre contre 5 % pour les réparer ; je ne serais pas surprise que ce ratio soit similaire pour la protection de l’eau. » nous explique Mme Villeneuve.
Il reste encore beaucoup à faire en matière de protection d’eau. Bien que la majorité des rejets municipaux et industriels soient traités, qu’en est-il de la qualité des traitements utilisés ? Qu’en est-il des derniers délinquants (industriels et municipalités) qui réussissent encore à échapper aux normes ? ET, qu’en est-il des autres sources de pollution des eaux, telles que les pesticides et les surplus de lisiers épandus ? Un sujet délicat au Québec : l’agriculture et ses impacts sur l’environnement. « En réalité, la production agricole avait un concept des plus environnementaliste : la réutilisation des fumiers et lisiers pour nourrir les terres est un exemple idéal de Production Durable. Or, la surproduction et les besoins de haute performance que connaissent les producteurs, comme toute entreprise de nos jours, fait en sorte qu’on ne ferme plus la boucle, trop de nutriments sont rejetés dans l’environnement, ensuite transformés en polluant une fois en contact avec l’eau. » nous explique Mme Villeneuve qui côtoie ce sujet depuis quelques années, entre autres, par son implication bénévole comme directrice du comité Assainissement Rural de Réseau Environnement. Plusieurs régions de la Bretagne ont vu la fin de l’utilisation de ses eaux souterraines causée par cet effet, il ya déjà une vingtaine d’années. Le temps que prendront les nappes phréatiques à se remédier est de l’ordre de milliers d’années, le Québec se rendra-t-il au même point ? La tragédie Walkerton est un autre exemple d’impact agricole. Des vies ont été enlevées par la présence de la bactérie Ecoli dans l’eau potable provenant de fumier de vache épandu non loin des puits d’eau utilisé par la municipalité. Aujourd’hui, on exige des distances plus importantes entre l’épandage et les puits d’approvisionnement, des normes de traitement d’eau potable ont aussi été mises en place pour protéger la population.
Environnement : une valeur pour l’entreprise Ticket pour un capital image bonifié et une meilleure performance Lorsque l’entreprise rationalise sa gestion de sa pollution, de ses déchets, de son énergie, de ses matières premières, elle réduit ses charges en faisant des économies substantielles. Et c’est là que les efforts de chacun sont les plus importants selon Mme Villeneuve. « On est à une époque où la réparation nous semble une solution ; or, réparer coûte cher en argent, mais aussi en impacts environnementaux. Recycler du papier, par exemple exige beaucoup de produits chimiques, et créé des rejets d’eaux usées et de boues, qui même traités, ont des conséquences sur l’environnement. C’est à la source qu’il faut agir, réduire l’utilisation et réutiliser. »
Les entreprises bénéficieront de plus en plus des efforts qu’elles feront vers la protection de l’Environnement. Les crédits Kyoto, qui seront éventuellement mis en place sous forme d’une bourse d’échange, pourraient permettre aux entreprises qui réduiront leurs émissions, d’empocher des sommes d’argent à la limite. Aussi, le gouvernement commence à mettre en place des programmes de crédits d’impôts contre des sommes dépensées en matière de protection de l’environnement. Et selon Mme Villeneuve la tendance ira vers le principe « pollueur payeur » et le principe de prise en compte du cycle de vie des produits, ce qui fera en sorte que les entreprises soucieuses de l’environnement à toutes les étapes de la vie d’un bien, en commençant par sa production jusqu’à sa disposition finale même plusieurs années plus tard, s’éviteront des frais supplémentaires, par conséquent elles bénéficieront d’une meilleure compétitivité.
Ne parlons pas de son capital image, qui est de ce fait, grandement amélioré. L’instauration d’une relation de confiance avec ses parties prenantes, la fidélisation de ses clients, augmenteront d’autant plus sa réputation et sa performance. La rentabilité passe par l’environnement. En effet, en trouvant des techniques innovantes, l’entreprise améliore sa productivité. De plus en plus, les investisseurs placeront leur argent dans des entreprises responsables. Évidemment, les bonnes intentions c’est bien, mais les résultats c’est mieux !
Vous pensez vendre votre entreprise ? Ou cherchez à la financer ? Assurez-vous d’être aux normes. Une entreprise qui respecte en tout point les normes environnementales, ou encore mieux, qui respecte déjà les nouvelles normes prévues pourrait voir augmenter sa valorisation.
Christelle Masson, MBA
Christelle Masson
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