L’environnement a un impact direct sur les affaires

jeudi 28 août 2008

Auteur : Alexis Beauchamp

Hélène Lauzon est présidente du Conseil patronal de l’environement du Québec (CPEQ) depuis le mois de mai, remplaçant Michael Cloghesy.

Le concept de responsabilité sociale des entreprises prend une importance croissante. Est-il légitime de s’attendre à ce que le secteur privé veuille faire plus que simplement des bénéfices ?

Tout à fait. Les entreprises ne peuvent plus se limiter à une telle mission, notamment à cause de ce qu’on appelle le droit de regard des tiers. Les employés, les actionnaires, les clients ou même l’assureur d’une entreprise font pression pour que la responsabilité sociale et le développement durable soient mieux intégrés à la gestion des entreprises. On a donc assisté à une nette amélioration de la performance des entreprises à ce chapitre, à une véritable prise de conscience. Mais même s’il n’y avait pas de pression externe, plusieurs entreprises iraient de l’avant parce qu’elles ont réalisé à quel point c’est porteur, notamment auprès de leurs employés, qui se sentent davantage partie prenante lorsque des mesures favorisant le développement durable sont prises.

L’environnement est davantage considéré comme un élément stratégique par l’entreprise privée. Cela vous facilite-t-il la tâche ?

En effet. Le Centre patronal de l’environnement du Québec regroupe 220 membres, dont une vingtaine d’associations industrielles et sectorielles. C’est fascinant de voir autant des industries lourdes que des chaînes de détaillants se réunir pour discuter des façons de mieux intégrer l’environnement dans leurs activités. Tant les grandes que les petites entreprises s’impliquent davantage parce que cela a un impact direct sur les affaires. C’est évident que l’échelle des problèmes et des solutions n’est pas la même, mais les entreprises veulent échanger sur les meilleures pratiques environnementales.

Quel est l’enjeu le plus pressant auxquelles font face les entreprises québécoises ?

Sûrement la question des changements climatiques, et donc des émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est un enjeu stratégique pour plusieurs entreprises, qui veulent prendre les devants à ce chapitre. L’incertitude politique freine toutefois certains projets, puisque les entreprises ne savent pas si leurs réductions de GES seront reconnues par le gouvernement fédéral. Ottawa doit dévoiler sa réglementation à l’automne, mais le déclenchement d’élections pourrait changer les plans.

Source : Vision Durable


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