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Le Québec doit prendre le virage durable avec audace
lundi 21 janvier 2008
Le gouvernement du Québec et ses entreprises doivent faire preuve de cran en innovant dans le domaine du développement durable au cours des prochaines années, croit le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec Raymond Bachand. C’est bien plus qu’une mode, croit le ministre, qui affirme qu’il s’agit d’une question de survie pour nos entreprises :
« Il va falloir que les entreprises s’adaptent. Les entreprises qui seront les dernières à s’adapter seront peut-être fermées au moment où elles décideront de prendre le virage », a indiqué M. Bachand dans le cadre d’une conférence organisée par la Jeune chambre de commerce de Montréal.
Il ajoute que les consommateurs jouent un rôle moteur dans cette tendance lourde.
Marcel Boyer, titulaire de la Chaire Bell Canada en économie industrielle à l’Université de Montréal, abonde dans le même sens.
« Cette pression exercée sur les commerçants par les consommateurs est un mouvement naturel. Les entrepreneurs vont répondre à cette demande et des certifications vont attester de la valeur environnementale des produits en question, par exemple », a expliqué l’économiste, qui participait également à l’événement Perspectives économiques 2008.
M. Boyer croit toutefois que le Québec ne devrait pas jouer un rôle de leader dans la définition des normes environnementales, à cause de la taille réduite de son économie. Le Québec doit plutôt se préparer à s’adapter aux changements qui s’en viennent, comme par exemple de nouvelles normes sur la consommation d’essence des voitures.
Le ministre Bachand a rapidement renchéri sur ce point : « On est pas fous ! On n’adoptera pas seuls les normes californiennes si elles ne vont pas de l’avant », a-t-il expliqué, faisant référence à la volonté du Québec d’adopter les normes annoncées par la Californie, qui font actuellement l’objet de poursuites entre 16 États américains et le gouvernement fédéral.
Pour M. Boyer, une meilleure intégration du développement durable, notamment par les entreprises, passe par un mécanisme de prix approprié. L’économiste en chef de l’Institut économique de Montréal se dit d’ailleurs en faveur d’une augmentation du prix de l’énergie, afin d’envoyer un meilleur signal de prix.
Une hausse du prix de l’électricité permettrait notamment un développement des sources d’énergie, « y compris les énergies renouvelables qui souffrent actuellement d’une manipulation des prix en faveur de l’hydroélectricité », selon M. Boyer.
Somme toute les deux panélistes s’entendent pour dire qu’une emphase sur le développement durable sera bénéfique pour l’économie de la province.
« Le Québec est particulièrement bien doté en ressources propres, notamment en ce qui a trait aux ressources hydroélectriques. On pourrait ainsi s’enrichir tout en diminuant la pollution chez nos voisins », a affirmé M. Boyer, faisant ainsi écho à la stratégie énergétique du gouvernement Charest.
Source : Vision Durable
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