Les défis de la gestion intergénérationnelle

lundi 30 janvier 2006

Une gestionnaire est offusquée qu’un jeune employé ait refusé une opportunité de promotion. Membre d’une équipe de compétition en planche à neige, il a justifié son refus en expliquant que le travail inhérent à un poste supérieur nuirait à la pratique de son sport. « Il me reste une ou deux années de compétition et je ne suis pas prêt à faire ce compromis », a-t-il expliqué.

Cette situation illustre le choc actuel entre des générations dont les valeurs diffèrent grandement. Les traditionnels (nés environ entre 1922 et 1945) ont vécu la deuxième guerre mondiale, la grande dépression économique et la montée de l’industrialisation. Ils valorisent le respect de l’autorité, la rigueur et le dur labeur.

Les baby-boomers (1946-1964) ont vécu une période de grande croissance et de prospérité. Ce sont des gens valorisant la hiérarchie, la réalisation professionnelle et la sécurité financière. Ils ont constitué la première génération des bourreaux du travail et ont connu une augmentation du taux de divorce. La génération X (1965-1980) représente principalement les enfants de cette première vague de divorces. Ils ont subi l’ambition de leurs parents et ont été témoins des licenciements massifs dus aux récessions des années 1980 et 1990. Ce contexte a eu pour résultat de désillusionner les jeunes et de les obliger à se prendre en main. Cette génération a donné naissance à beaucoup d’entrepreneurs, de travailleurs autonomes et d’individus indépendants désireux de concilier leur travail et leur vie familiale.

La génération Y (1981-1999) a quant à elle été initiée dès son plus jeune âge aux nouvelles technologies de l’information. Ayant accès au monde par l’ordinateur, ces jeunes ont vu l’arrivée de la mondialisation. Ils sont curieux, désireux de s’impliquer socialement et friands de connaissances. Contrairement aux générations précédentes, ils rejettent l’autorité, cherchent à augmenter leur employabilité en multipliant les occasions d’apprendre et de diversifier leurs compétences. Ils refusent de laisser leur travail empiéter sur leur vie personnelle, demandent à être consultés et veulent avoir une rétroaction.

Les gestionnaires sont inquiets devant cette génération montante qu’ils trouvent difficile à gérer. Qu’en sera-t-il de la productivité et de la rentabilité si nous plions à leurs demandes ? Comment arriverons-nous à responsabiliser ces jeunes qui ne sont plus loyaux à l’entreprise ? Y aura-t-il de nouveaux entrepreneurs et des cadres parmi cette relève ? Le défi sera de concevoir des stratégies afin d’attirer, de motiver et de retenir une main-d’œuvre de plus en plus rare. Il n’y a pas de recettes magiques : les organisations devront comprendre et respecter la relève et s’adapter à ses besoins.

L’instauration de politiques facilitant la conciliation travail-famille semble incontournable. Les horaires flexibles, les congés sans solde, la semaine de quatre jours, les garderies en milieu de travail sont autant d’avantages recherchés par ces jeunes. L’élaboration de mécanismes efficaces de communication interne est également essentielle. Ils veulent être consultés, connaître les orientations et les valeurs de l’organisation, être en contact avec leurs collègues et leurs supérieurs. Faites des rencontres sur l’évolution des résultats de l’organisation, favorisez le travail d’équipe par projets, organisez des ateliers de discussion. Bref, assurez-vous que vos employés communiquent entre eux et que l’information circule !

Les connaissances et les compétences doivent également être transférées afin d’assurer la pérennité de nos entreprises. Les gestionnaires d’aujourd’hui auront un rôle important de mentor à jouer. Le coaching permettra de faire émerger les complémentarités des générations : rigueur, expérience et engagement chez les baby-boomers versus ouverture aux changements, habiletés technologiques et innovation chez les X et Y. La génération montante a besoin d’être encadrée et stimulée. Pour ce faire, elle est à la recherche d’un mentor et non d’un supérieur autoritaire. Une véritable synergie entre les générations mettra à profit la complémentarité de leurs forces.

Source : Le Soleil Pascale Scalabrini, CRHA, est directrice générale et Marie Eve Landry, M.Ps. , est psychologue organisationnelle chez GRH-Ressources humaines.


Accueil du site | Contact | Plan du site | Newsletters | Espace privé |

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site 5- Répondre aux changements démographiques  Suivre la vie du site Gestion intergénérationnelle   ?

Planification de la relève avenir durable Évaluation d'entreprise Financement des entreprises fusions acquisitions transmission d'entreprise Formation de la releve

formation et coaching de la releve

Stratégie de communication Internet: Christelle Masson, MBA