Les « smart work centers », une solution pour le climat ?

lundi 22 décembre 2008

Les villes consomment 80% de l’énergie mondiale et produisent 75 % des gaz à effet de serre. C’est l’argument du groupe Cisco pour défendre son programme « Connected Urban Development ». Le leader informatique veut fournir aux villes les moyens de promouvoir le « travail connecté et durable ».

Fournir aux villes, aux employeurs et aux citoyens un nouveau cadre de travail « durable ». C’est l’objet du programme « Connected Urban Developement » (CUD) de Cisco qui vient d’être mis en place aux Pays-Bas. A Amsterdam, le programme est directement lié à son propre projet de « smart work centers » (SWC). Le principe de ces lieux de travail « intelligents » se résume à tout mettre en œuvre pour réduire aux maximum les déplacements des salariés urbains. “Ils perdent un temps fou dans les embouteillages, durant lesquels ils rejettent beaucoup de CO2. Tout cela simplement pour rejoindre leur poste de travail. C’est d’un autre âge, et c’est contre-productif !” explique Bas Boorsm, responsable du programme CUD à la ville d’Amsterdam. Ce n’est pas un hasard si ce projet se développe aux Pays-Bas, dont le réseau routier est un des plus saturés d’Europe et où le transport ferroviaire a atteint ses limites. Il fait en outre partie d’un objectif plus ambitieux que s’est fixé Job Cohen, le maire de la capitale néerlandaise : être neutre en carbone dès 2015. Le groupe Cisco, lui, s’est engagé fin 2006 à soutenir la « Clinton Global Initiative » dans la lutte contre les émissions de CO2. Il a développé le programme « Connected Urban Developement », qui fonctionne sur la base d’un partenariat public-privé, dont l’objectif est de réduire l’empreinte carbone des zones urbaines.

A l’origine, trois villes sont impliquées : San Francisco, Amterdam et Séoul, le projet devant s’étendre à Madrid, Lisbonne, Hambourg et Birmingham par la suite. La première conférence, qui a eu lieu l’an dernier à San Francisco, a donné naissance au « Connected Bus », bus d’une nouvelle génération, équipé du Wi-Fi et d’un système GPS permettant d’éviter les itinéraires encombrés. Bien entendu le bus lui-même est équipé d’un moteur hybride mi-électrique, mi-diesel, diminuant de 95 % les émissions de particules polluantes par rapport aux bus traditionnels et de 30% les gaz à effet de serre.

La conférence 2008 s’est déroulée à Amsterdam , non loin du « Smart Work Center » de la ville d’Almere, située à 35 km. Le but : offrir sur place suffisamment de services et de technologies pour permettre à chacun de passer sa journée de travail sans avoir à se déplacer. Réunions virtuelles, service de restauration haut de gamme, banques, espaces de repos et même garderies se trouvent ainsi mises à disposition des salariés, le tout rendu facile d’accès par les transports publics et le réseau autoroutier. « Nous mettons en œuvre une nouvelle approche sur la manière d’optimiser la journée de travail », a déclaré Bas Boorsma, chef de Connected Urban Development à Amsterdam. « Si les principes de travail intelligent sont appliqués à grande échelle, alors le résultat signifirait moins d’énergie dépensée, moins de temps perdu et un meilleur équilibre travail-vie privée. »

Une alternative au télétravail

Le SWC, qui hébergera d’abord des salariés d’HP et d’IBM, est un concept souple qui se veut une alternative au télétravail, évitant l’isolement, et, en tant que partenariat public-privé, permettant des échanges entre personnes qui ont d’habitude peu l’occasion de se croiser. La ville y trouve son avantage aussi, diminuant de moitié le coût d’un poste de travail traditionnel (locaux, éclairage, etc), estimé à 15 000 euros par an et par salarié, contre 7500 dans un SWC, grâce à la mutualisation des infrastructures et un prix foncier moins élevé que dans le centre. Pour rendre ce projet efficace, encore faut-il qu’il ne reste pas isolé ! Marijke Vos, adjointe à l’environnement de la ville d’Amsterdam, imagine ainsi un « anneau » de SWC tout autour de la capitale, où pourraient se rendre les habitants des proches et lointaines banlieues au moins quelques jours de la semaine. « On pourrait ainsi réduire l’espace occupé par les bureaux en centre ville de 30% » estime-t-elle.

On peut toutefois s’interroger sur les impacts sociaux qu’une telle organisation du travail suppose : si le système de visio-conférences, par exemple, a des avantages qui ne sont plus à démontrer, ils ne sont utiles que pour des usages bien spécifiques (réunions, conférences, etc.). Le fait de ne plus avoir, ou peu, de rapports directs avec ses collaborateurs peut avoir des conséquences importantes tant pour les employés que pour les organisations qui utiliseraient ces centres « intelligents ».

De telles structures supposent donc une réflexion sur l’organisation du travail et la nature des échanges au sein d’un tel système.

Source : Novethic


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