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Mécénat de compétences : l’entreprise y gagne aussi
jeudi 28 février 2008
31% des entreprises mécènes pratiquent le mécénat de compétences, selon les chiffres d’Admical, organisme indépendant de promotion du mécénat d’entreprise. Cette démarche s’impose doucement et montre l’implication croissante des salariés dans les activités de mécénat de leur entreprise. Elle répond également aux demandes de l’employé : consacrer une partie de son temps à autre chose que la vie professionnelle. « Le mécénat de compétences permet au salarié de prendre conscience des qualités qu’il a mais qu’il ne peut pas forcément utiliser dans son travail quotidien » explique Frédérique Williame, responsable de la communication de l’Association française des volontaires du progrès (AFVP). Si l’avantage pour le collaborateur est unanimement reconnu, les sociétés n’ont pas toujours l’impression d’y gagner. Et pourtant, dans toutes les entreprises qui le pratiquent, le mécénat de compétences est plébiscité.
Deloitte, Vinci, Gaz de France, Air France, Carrefour, Areva, Bouygues, Véolia, ABN/AMRO, Vivendi, mais également l’Ademe et la Caisse des dépôts et consignations : de plus en plus d’entreprises se mettent au mécénat de compétences, sous l’influence bien souvent des salariés eux-mêmes. « Le bénévole répond à une quête de sens plutôt qu’à un don de temps » explique Brigitte Duault, secrétaire générale de France bénévolat. Il peut ainsi faire bénéficier une association ou un organisme de ses compétences, s’en forger de nouvelles, et faire profiter son entreprise de ses acquis. « Cela permet à nos collaborateurs de prendre du temps pour les associations qui leur tiennent à cœur » affirme Soizic Jouanne de SFR. L’implication du salarié dans le rôle social et l’image de l’entreprise est également un avantage important du mécénat de compétence.
Le bon salarié pour la bonne mission
Souvent, les associations se présentent spontanément aux sociétés pour proposer un partenariat. L’offre est alors lancée aux salariés, en espérant qu’elle plaira. Pour optimiser ce contact, des associations comme Passerelles et compétences se sont montées. « Lorsqu’un organisme nous contacte, nous analysons ses demandes, mais également ceux des employés, pour trouver la personne la plus compétente pour les besoins de l’association » explique Patrick Bertrand, président de Passerelles et compétences. Car si le mécénat de compétence bénéficie pour sûr au salarié, « il ne peut fonctionner que s’il bénéficie aussi à l’association » insiste Henri de Reboul, délégué général de l’IMS.
Missions ponctuelles (quelques jours) ou longues (jusqu’à plusieurs années, il ne s’agit cependant en aucun cas de remplir un poste vacant dans une association. « Le mécénat de compétence est une mission d’accompagnement et non de substitution » insiste Patrick Bertrand. « C’est une action de réciprocité : l’association doit donner aussi du sien, en animant des ateliers dans l’entreprise par exemple » ajoute Nicolas Ledoux, d’Algorev, association créée par les salariés du cabinet de conseil en management Algoé pour favoriser le mécénat de compétences dans leur entreprise. Le but est également pour le salarié d’acquérir des compétences qu’il n’avait pas, et que son emploi ne lui apprenait pas nécessairement.
Bénéfices RH pour l’entreprise
Et c’est justement là que se trouve l’intérêt de l’entreprise. « Lors des missions, l’employé acquiert des compétences qu’il n’avait pas, ou renforce celles qu’il avait déjà » explique Bernard Thoreau, l’un des responsables d’Electriciens sans frontières, une association constituée d’employés d’EDF qui voyagent pour apporter leur savoir-faire. « On apprend également à s’adapter à la diversité culturelle » ajoute-t-il. Outre une capacité d’adaptation accrue, les salariés bénévoles apprennent également à changer le contexte de leur travail. « Animer une équipe de bénévoles, par exemple, est beaucoup plus difficile que gérer une équipe en entreprise. Et les associations sont des lieux d’innovation » explique Brigitte Duault. L’expérience est gratifiante pour peu que l’entreprise et son employé sachent en capitaliser les acquis. « Si le salarié se sent bien dans toutes ses vies, il pourra mieux s’investir, et c’est déjà un gain pour la société » explique Soizic Jouanne.
Source : Novethic
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