Suzuki propose l’imposition d’une taxe sur le carbone

mardi 26 février 2008

Le défenseur de l’environnement David Suzuki tente de prendre par leur portefeuille les Canadiens récalcitrants à l’idée d’une taxe sur les émissions carboniques, en leur faisant valoir qu’une telle initiative pourrait permettre de réduire de plusieurs milliards de dollars l’impôt sur le revenu des contribuables, tout en pénalisant les gros émetteurs industriels.

À la veille du dépôt du budget fédéral, M. Suzuki invite Ottawa à emboîter le pas au Québec et à la Colombie-Britannique, en imposant des droits d’émission ou un système d’échange de droits d’émission. Selon des scientifiques et un nombre croissant d’économistes, de telles mesures pourraient réduire les gaz à effet de serre mieux que les règlements conservateurs.

En ce moment, on traite l’atmosphère comme un dépotoir gratuit, a dit M. Suzuki en conférence de presse, lundi. Selon lui, les Canadiens qui économisent l’énergie devraient être récompensés, tandis que les industries à forte production de gaz à effet de serre devraient en payer le prix, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Si les politiciens répugnent généralement à imposer une nouvelle taxe, M. Suzuki assure que sa tournée du pays, l’an dernier, lui a confirmé que le consommateur moyen est prêt à payer. Les Canadiens « se préoccupent des changements climatiques et sont prêts à agir. Ils sont d’accord pour payer, mais ils veulent une taxe sur le carbone. Ils veulent du transport en commun efficace. Surtout, ils veulent que le gouvernement et les entreprises fassent leur part ».

L’introduction graduelle d’un droit de 100 $ par tonne d’émissions carboniques pourrait engendrer des revenus d’au moins 50 milliards $ par an d’ici 2020, et abaisser les émissions de 20 pour cent par rapport aux niveaux de 2006, affirme M. Suzuki.

L’argent ainsi récolté pourrait servir à réduire de moitié les impôts sur le revenu des contribuables de la classe moyenne. Une portion de cette somme pourrait également être utilisée pour promouvoir les énergies renouvelables et atténuer l’impact de la taxe sur les producteurs de pétrole, de gaz naturel et de charbon, a ajouté M. Suzuki.

Le scientifique et communicateur a aussi déclaré que la mesure fédérale pourrait comporter des rabais spéciaux pour protéger les Canadiens à faibles revenus.

Il a commandé une analyse économique, rendue publique lundi, qui prévoit qu’une taxe sur le carbone de 100 $ la tonne ne freinerait que légèrement la croissance économique, entraînant une baisse du produit intérieur brut variant entre 0,5 et 1,3 point en 2020. C’est moins qu’un an de retard dans la croissance économique, si l’on se fie aux tendances annuelles historiques, mentionne le rapport.

Source : Cyberpresse

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